Économie mondiale Spotlight: Les moteurs du cycle économique mondial

Spotlight: Les moteurs du cycle économique mondial
L’un des principaux risques est que l’impact positif de la demande américaine s’estompe sans qu’aucun autre pays ne prenne le relais.

La croissance tendancielle de long terme et les fluctuations du cycle économique ont une incidence majeure sur les marchés financiers. L’Investment Outlook de cette année traite essentiellement du cycle de l’économie mondiale.

Les «chocs», moteurs des cycles de production industrielle

Les cycles économiques sont tirés par les fluctuations («chocs») de la demande et de l’offre globales. Les chocs d’offre sont généralement liés à des variations soudaines des prix des matières premières essentielles comme le pétrole. Les chocs de demande résultent, quant à eux, de modifications au niveau de la politique monétaire ou budgétaire qui viennent restreindre ou au contraire stimuler la dépense privée. Les variations cycliques sont également tributaires du niveau des stocks des entreprises qui, selon qu’ils soient excédentaires ou insuffisants, ont un impact sur la croissance de la production industrielle. Selon nos économistes, la production industrielle mondiale a tendance à s’inscrire en baisse tous les trois à quatre ans, un phénomène qui s’observe aussi bien aux États-Unis qu’au Royaume-Uni depuis le 19e siècle. Si jusqu’au début des années 80, ces baisses de production étaient concomitantes aux récessions, ce n’est plus le cas aujourd’hui, en raison probablement de la baisse de la part de l’emploi industriel dans l’économie et de la plus grande efficacité des politiques monétaires contracycliques. 2015 étant l’année la plus récente où un recul de la production industrielle a été observé, notre scénario de risque table sur une nouvelle faiblesse de cette dernière à la fin de 2019 ou en 2020.

Global trade in recovery

Les États-Unis stimulent la conjoncture mondiale

Bien que l’économie américaine soit relativement fermée en termes de volumes d’échanges, elle est un moteur clé du cycle de l’économie mondiale. Cela est probablement dû au fait que les États-Unis mettent davantage l’accent sur la stabilisation de l’emploi et de la consommation domestiques que d’autres pays et que leurs décisions ont plus d’impact sur l’économie mondiale. À une exception près (à savoir la période qui a suivi la crise financière), les États-Unis ont ainsi toujours eu un effet stimulant sur l’économie mondiale. La zone euro a toujours exercé un impact nettement plus faible, sauf dans la période ayant précédé le boom de 2008. Depuis, elle représente un frein certain pour le cycle économique mondial. Pour sa part, la Chine n’a eu qu’un effet stimulant cyclique après 2008. Pour l’avenir, l’un des principaux risques est que l’impact positif de la demande américaine s’estompe sans que rien ne prenne le relais.