Investment Outlook 2019 Économie mondiale

Économie mondiale

Économie mondiale

Oliver Adler

Chief Economist Switzerland

En bref

Des trajectoires de croissance divergentes

Aux États-Unis, l’impact de la relance budgétaire atteindra probablement son summum au cours de l’année 2019, mais la croissance devrait rester supérieure à la tendance, soutenue par les investissements des entreprises et l’augmentation des embauches et des salaires. En Chine, la croissance devrait ralentir pour revenir vers les 6% sous l’effet de la hausse des droits de douane américains, de la faiblesse des investissements dans le secteur manufacturier et de l’essoufflement de la consommation. En Europe et au Japon, les conditions monétaires toujours favorables devraient contribuer au maintien d’une dynamique de croissance modérée. Dans plusieurs pays émergents, la croissance semble en revanche vouée à rester inférieure à la tendance, les décideurs se focalisant sur l’inflation et le contrôle de leur monnaie.

Vers une hausse de l’inflation

En dépit de l’augmentation des dépenses d’investissement, les contraintes de capacité devraient persister dans la plupart des économies avancées. Par ailleurs, avec la baisse du chômage et la pénurie grandissante de main d’oeuvre, les salaires devraient encore progresser. Dans ces conditions, et malgré la légère croissance de la productivité, l’inflation devrait progressivement s’inscrire en hausse, avec un risque particulier pour les prix des matières premières. Les banques centrales continueront d’y répondre selon des degrés divers en fonction des contraintes domestiques et externes de chaque pays.

Garder un oeil sur les marchés émergents

Quels sont les risques d’une nouvelle d’instabilité économique et financière? Pour de nombreuses économies avancées, États-Unis compris, c’est la trajectoire intenable de la dette publique qui constitue le principal risque à long terme. Toutefois, à moins d’une forte instabilité en Italie, une crise semble peu probable car les bilans des banques et des ménages se sont améliorés depuis 2008 tandis que ceux des entreprises ne se sont que légèrement détériorés. En Chine, l’endettement élevé devrait provoquer un ralentissement de la croissance plutôt qu’une véritable crise. Des tensions pourraient en revanche ressurgir sur les marchés émergents financièrement fragiles.