Thèmes d’investissement 2019 Thème 2: Divergences économiques régionales

Thème 2: Divergences économiques régionales

Les différences en termes de situation sur le marché du travail et de croissance économique entre les différents pays se sont traduites par d’importantes divergences de politiques monétaires, lesquelles ont engendré des différentiels de taux d’intérêt croissants et des variations de change significatives. Ceci a favorisé l’orientation des capitaux vers les États-Unis, ce qui a non seulement entraîné une appréciation du dollar, mais a aussi mis en évidence les déséquilibres importants de certains pays émergents comme l’Argentine et la Turquie. Cela a encore alimenté les transferts de capitaux vers le marché américain et créé un cercle vicieux pour les ME. Pour les investisseurs, il est important de reconnaître les divergences majeures entre les fondamentaux et les prix afin d’être en mesure d’identifier les opportunités de placement attrayantes.

Pleins feux sur les politiques des banques centrales

Les cycles de resserrement des politiques monétaires s’accompagnent généralement d’un aplatissement des courbes des taux. La Réserve fédérale (Fed) continuant à durcir sa politique monétaire, la courbe des taux américains devrait donc continuer à s’aplatir. La courbe des taux européens devrait suivre la même voie à mesure que la zone euro rattrape son retard de croissance et que la Banque centrale européenne se montre plus offensive. En revanche, la Banque du Japon applique une politique de contrôle de la courbe des taux qui limite les rendements à 10 ans. Tout durcissement de la politique monétaire pourrait donc se traduire par une pentification de la courbe.

Augmentation des salaires

Les marchés d’actions font un compromis entre, d’une part, la hausse des salaires et des taux d’intérêt qui pénalise les marges et, d’autre part, l’augmentation de la croissance qui pourrait contrebalancer la progression des coûts. Les pays menant des politiques budgétaires plus souples et les secteurs les moins vulnérables à la hausse des salaires et des taux (du fait d’une intensité capitalistique ou d’une intensité de main d’oeuvre moindres ou encore avec moins d’endettement) devraient surperformer.

Tout dépend du solde de la balance courante

Certaines divergences devraient persister l’an prochain entre les ME. Les pays dont la balance courante est excédentaire devraient être moins vulnérables que ceux qui affichent un compte courant déficitaire. Si le cycle des investissements reste aussi dynamique dans les marchés développés (MD), ces divergences pourraient s’accentuer, les économies excédentaires profitant d’une forte augmentation des importations des MD. De même, si la croissance mondiale ralentit, la plupart des pays excédentaires devraient pouvoir mettre en oeuvre des mesures contracycliques alors que, pour les pays déficitaires, la situation en termes de croissance et d’inflation pourrait bien se détériorer. Il ne faut pas non plus oublier les tensions commerciales qui devraient, selon nous, rester fortes entre les États-Unis et la Chine. La Chine devrait cependant recourir à des mesures de relance et laisser sa monnaie perdre du terrain pour atténuer l’impact du conflit commercial sur sa croissance.

Il est important de reconnaître les divergences majeures entre les fondamentaux et les prix afin d’être en mesure d’identifier les opportunités de placement attrayantes. En d’autres termes, si les prix s’écartent fortement des fondamentaux, il faudra miser sur les pays dont la balance courante est déficitaire ou vendre ceux dont la balance est excédentaire. Au Brésil, les élections ont généré de la volatilité, ce qui nous semble injustifié. La Russie devrait profiter de l’augmentation des prix du pétrole. Le pays se distingue par ailleurs des autres ME par des fondamentaux particulièrement solides et une politique économique des plus crédibles. Israël affiche une balance des paiements robuste et de belles perspectives sur le plan économique. La Corée du Sud est, quant à elle, fortement exposée tant au commerce international qu’à la mondialisation et a du mal à tourner davantage son économie vers le marché domestique. L’Afrique du Sud souffre d’une dette extérieure élevée et d’un déficit en hausse. Le pays est également pénalisé par l’absence de réformes structurelles et un contexte politique incertain. Tous ces facteurs mis ensemble en font l’un des pays les plus exposés aux risques externes.