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Les PME suisses s'impliquent sur les marchés internationaux

Etude du Credit Suisse sur les facteurs de succès des PME suisses axée sur l'exportation

Les économistes du Credit Suisse ont publié aujourd'hui l'étude «Facteurs de succès pour PME suisses – Perspectives et défis dans le domaine de l'exportation». Basée sur une enquête menée auprès de plus de 2000 PME suisses, celle-ci montre que les PME suisses sont très connectées au niveau international: près de 70% d'entre elles exercent directement ou indirectement au moins une activité transfrontalière. Selon des estimations, les PME contribuent à hauteur de 20% au total des exportations suisses de marchandises. La part du secteur des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) est la plus haute, tandis que celle des entreprises chimico-pharmaceutiques est relativement basse. L'enquête révèle également que les PME interrogées souhaitent des accords de libre-échange supplémentaires, notamment avec les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Les PME continuent de considérer la place économique suisse comme attrayante, mais restent très pessimistes en ce qui concerne les conditions-cadres réglementaires.

La Suisse doit sa compétitivité et sa force d'innovation à ses entreprises performantes. Or, 99,8% des entreprises suisses sont des PME. Dans le cadre de la série d'études intitulée «Facteurs de succès pour PME suisses», les économistes du Credit Suisse analysent chaque année les conditions-cadres de la place économique suisse, du point de vue des PME. Cette année, l'étude est axée sur l'activité d'exportation des PME suisses. «Depuis de nombreuses années, les entreprises suisses font nettement progresser, et avec grand succès, la spécialisation et les échanges internationaux. Les PME, en particulier, sont très bien positionnées à l'échelle internationale et contribuent largement à la réussite de l'économie suisse», déclare Urs Gauch, responsable Affaires PME Suisse du Credit Suisse.

Le site Suisse reste attrayant pour les PME – des mesures sont nécessaires en termes de réglementation
Cette année encore, les PME interrogées considèrent la place économique suisse comme attrayante. L'infrastructure ainsi que les collaborateurs et leurs qualifications sont les principaux facteurs influant très positivement sur le succès des PME. D'après l'enquête, seules les conditions-cadres réglementaires constituent un frein. Or, compte tenu de l'importance que les PME accordent à la réglementation et à la dégradation supplémentaire des conditions-cadres qu'elles prévoient, c'est dans ce domaine qu'il faut agir en priorité. Le monde politique est invité à favoriser l'allègement des charges administratives et, lors de la mise en place de nouvelles réglementations, à tenir compte du positionnement des entreprises sur le marché international.

Forte interconnexion des PME avec les pays étrangers
La présence internationale n'est pas réservée aux grandes entreprises: 69% de toutes les PME suisses et 87% des PME industrielles sont actives à l'étranger dans au moins un des domaines suivants: l'importation, l'exportation ou la production, ou travaillent avec des clients entreprises présents à l'international. Dans l'ensemble, les PME contribuent à hauteur de 20% environ aux exportations de marchandises suisses. La structure sectorielle des exportations des PME se distingue nettement de celle de l'économie d'exportation suisse dans son ensemble. Avec une part de 68%, les industries MEM et horlogère sont bien plus représentées dans les exportations des PME que dans celles de l'économie d'exportation en général (45%). Les branches de la chimie, de l'industrie pharmaceutique et des matières plastiques constituent 42% des exportations totales, mais seulement 15% de celles des PME. Les principaux marchés d'exportation des PME sont les pays européens, et principalement l'Allemagne. Mais les pays émergents ont nettement gagné en importance au cours des dix dernières années. Aujourd'hui, une PME sur deux dans l'industrie de pointe exporte vers ces pays. Le rôle de ces derniers est moindre pour les PME de l'industrie traditionnelle et du secteur des services: à peine 20% des entreprises de l'industrie traditionnelle et 5% des prestataires de services exportent vers ces marchés.

Les PME subissent une pression concurrentielle croissante
Une large proportion de PME (80%) indique que la pression concurrentielle a augmenté au cours des dix dernières années. A cet égard, la concurrence intérieure accrue, citée par 57% des PME interrogées, inquiète davantage que la concurrence étrangère, mentionnée par un peu moins de 50% d'entre elles. Les PME exportatrices de l'industrie de pointe sont celles qui sont le plus confrontées à des concurrents étrangers. Néanmoins, les PME suisses restent bien positionnées face à la concurrence internationale et se disent assez satisfaites dans l'ensemble de leur chiffre d'affaires à l'exportation. 11% des PME industrielles interrogées révèlent être leader du marché mondial (ou «hidden champion») pour au moins un produit de base. Parmi les fabricants d'instruments de précision, 60% se qualifient de «hidden champions». Loin derrière arrivent l'industrie horlogère, l'électronique/électrotechnique et les machines, avec 20% à 30% de «hidden champions».

Les PME suisses veulent un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, la Chine et la Russie
Afin de permettre un commerce international exempt de droits de douane et de barrières, des accords de libre-échange sont notamment conclus. L'étude des accords de libre-échange existants réalisée par les économistes du Credit Suisse montre que de telles ententes n'entraînent pas automatiquement une hausse du volume des échanges commerciaux. Des accords déjà existants sur certains produits ou des obstacles non tarifaires peuvent amoindrir l'effet des accords de libre-échange sur le volume des exportations. En revanche, ces accords permettent de réaliser d'importantes économies sur les droits de douane. Différents facteurs déterminent dans quelle mesure les PME suisses profitent des accords de libre-échange. Ainsi, afin de bénéficier des franchises douanières, les entreprises doivent fournir pour les produits concernés une preuve d'origine souvent associée à des procédures administratives lourdes. Dans l'enquête, les petites PME, en particulier, indiquent que leur activité d'exportation est compliquée par la preuve d'origine. Les accords de libre-échange sont surtout significatifs pour les PME plus tournées vers l'exportation et pour les entreprises des secteurs de la chimie, des matières plastiques, des produits alimentaires ainsi que du textile et de l'habillement. Si elles ne profitent pas toutes de manière égale des différents accords, plus d'un tiers des PME interrogées souhaitent d'autres accords de libre-échange. Elles considèrent comme particulièrement essentiel de conclure des accords avec les Etats-Unis, la Chine (avec laquelle une convention a d'ores et déjà été signée) et la Russie.

Scénario jusqu'en 2035: nette augmentation de la part des pays émergents dans les exportations
Selon les prévisions des économistes du Credit Suisse, les exportations suisses à destination de la zone euro devraient augmenter bien plus fortement dans les années à venir qu'au cours des récentes années marquées par la crise de l'euro, à savoir de près de 4,5% par an en moyenne entre 2014 à 2019. A plus long terme, les pays émergents continueront de gagner en importance grâce à l'apparition d'une vaste classe moyenne. La part des exportations suisses vers les Etats BRIC devrait doubler d'ici à 2035, passant de 11% actuellement à 22%. Par ailleurs, l'analyse des tendances des économistes du Credit Suisse laisse entendre que la Chine pourrait, dans environ 20 ans, devenir le premier partenaire commercial de la Suisse à la place de l'Allemagne. Les marchés émergents ne devraient cependant pas gagner pareillement en importance pour toutes les PME. Celles qui exportent déjà vers ces marchés ou qui sont relativement grandes tablent davantage que les autres sur un rôle accru de ces pays. Cela s'explique notamment par le fait que la prospection des marchés émergents exige beaucoup de temps, de moyens, d'expérience et de contacts personnels. Plusieurs solutions s'offrent aux entreprises pour surmonter les barrières à l'entrée sur ces marchés: coopérer avec d'autres PME, se concentrer sur un petit nombre de marchés émergents ou échanger avec des organisations de promotion des exportations ainsi que des entreprises déjà actives dans ces régions.