PIB de la Suisse: les perspectives pour l’économie suisse s’assombrissent.

Des perspectives économiques plus moroses après un début d’année solide

Le premier trimestre 2016 a été étonnamment bon pour l’économie suisse, mais les perspectives le sont moins. Le PIB de la Suisse devrait toutefois augmenter de 1,5% au cours de l’année, et ce principalement grâce à la contribution d’un secteur économique.

Un bon début d’année pour l’économie suisse

Au premier trimestre 2016, l’économie suisse a progressé de 0,6% par rapport au trimestre précédent. La consommation des ménages a en particulier contribué à ce résultat. Mais les investissements dans le secteur du bâtiment ont aussi augmenté, en raison d’une météo clémente et de l’environnement favorable des taux d’intérêts.

Les investissements dans les machines et l’équipement ont par ailleurs surpris de manière très positive. Même le secteur des exportations a progressé, surtout les exportations de l’industrie pharmaceutique. Au final, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse se situe d’ores et déjà 1,7% au-dessus de celui de l’année précédente.

L’économie suisse profite de la dynamique des exportations pharmaceutiques

L’économie suisse profite de la dynamique des exportations pharmaceutiques

Croissance des exportations par rapport à l’année précédente, moyenne mobile sur 3 mois

Source: Administration fédérale des douanes, Credit Suisse

La croissance économique de la Suisse est freinée.

Les perspectives sont en revanche plus sombres. En particulier, le secteur exportateur doit s’attendre à des temps plus difficiles. C’est la conclusion que l'on peut tirer de l’indice des directeurs d’achat (PMI) .pour l’industrie suisse, qui se situe depuis avril en dessous du seuil de croissance. La conjoncture s’est dégradée dans les principaux pays de débouchés des exportations suisses et elle est aussi faible que pour la dernière fois en 2013. En conséquence, la croissance des exportations de la Suisse devrait s’affaiblir.

En revanche, le PMI du secteur des services se situe toujours nettement au-dessus du seuil de croissance. Celui-ci est plus fortement axé sur les consommateurs suisses qui, grâce à la bonne situation du marché du travail, sont enclins à la dépense. Une immigration légèrement plus forte soutient aussi la consommation des ménages.

Le secteur tertiaire suisse est le seul à encore afficher de la croissance.

Le secteur tertiaire suisse est le seul à encore afficher de la croissance.

Indice PMI > 50 = croissance

Source: procure.ch, Credit Suisse

Le PIB suisse augmentera de 1,5% en 2019

En fin de compte, la vigueur de la consommation ne pourra pas compenser la faiblesse des exportations, d’autant plus qu’une demande d’exportation modeste a en général pour effet de freiner les investissements. Par conséquent, aucune impulsion supplémentaire pour l’économie suisse n’est à attendre des investissements d’équipement. Dans le même temps, le nombre croissant de logements locatifs vacants freine la croissance des investissements dans le secteur de la construction.

Les économistes du Credit Suisse estiment par conséquent que la croissance économique de la Suisse s’affaiblira au fil de l’année. Comme lors de leurs prévisions de printemps, ils tablent en 2019 sur une hausse du PIB réel de 1,5%.