La start-up produisait des tests rapides pour les chevaux

Avant l’irruption de la pandémie de coronavirus au printemps 2020, la start-up bernoise LiVET AG n’avait pas grand-chose à voir avec la médecine humaine. L’entreprise, spécialisée dans le dépistage d’affections respiratoires chez les chevaux, avait prévu de mettre ses tests sur le marché en automne. Elle avait pour ce faire effectué des études sur le terrain à l’échelon européen pour ses tests rapides sur les chevaux.

Le confinement a sonné l’heure du changement de cap

Le confinement instauré en mars a toutefois bouleversé les plans de la start-up. «Quand la pandémie a entraîné des restrictions de la vie publique, nous avons été obligés de geler ces recherches», explique Tim Pfister, son CEO, dans l’étude PME 2020. La mise sur le marché nous a soudain paru compromise et nous avons été confrontés à de nombreuses incertitudes.

Tim Pfister est titulaire d’un master en économie de l’Université de Berne. Avec deux partenaires, il a fondé la société LiVET en juillet 2019 et la start-up ender diagnostics sa en avril 2020. Il dirige depuis les deux entités en tant que Chief Executive Officer (CEO).

21/09/2022

L’entreprise se rend également compte qu’une nouvelle opportunité s’offre peut-être à elle. «Compte tenu de notre technologie et de notre savoir-faire en matière de maladies infectieuses, nous avons décelé un important potentiel de croissance sur le plan des diagnostics humains», explique Tim Pfister. Deux jours seulement après le confinement, l’entreprise décide finalement de se réorienter vers les tests rapides COVID-19 et la nouvelle entreprise ender diagnostics voit le jour dès le mois d’avril.

La start-up s’appuie sur son réseau pour recruter

Suite à ce changement de cap, cette jeune entreprise d’encore assez petite taille a été confrontée à des défis considérables, auxquels Tim Pfister et ses partenaires ont choisi de faire face en séparant financièrement l’entreprise existante. «Nous ne voulions pas risquer les ressources et les fonds que nous avions investis dans LiVET pour le nouveau projet», indique Tim Pfister pour justifier cette décision. À la grande joie du CEO, la société ender diagnostics se trouvant sur un marché de croissance prometteur, les investisseurs n’ont pas été longs à convaincre.

 

Contrairement au financement, le recrutement des nouveaux collaborateurs a posé problème à l’entreprise, alors obligée de renforcer ses effectifs en pleine pandémie de coronavirus. Tim Pfister se souvient: «Nous étions une nouvelle société totalement inconnue. Nous nous sommes par conséquent appuyés sur notre réseau existant – avec succès.» Notre équipe est rapidement passée de 9 à 30 collaborateurs.

Étude 2020 du Credit Suisse sur les PME

Les PME suisses voient-elles les questions de développement durable comme un facteur de coûts ou de succès? Et les PME auront-elles à l’avenir plus souvent recours au télétravail? Dans l’étude 2020 du Credit Suisse sur les PME, vous découvrirez les prévisions et les estimations des experts.

21/09/2022

L’offre de tests rapides doit encore être étendue

LiVET s’est appuyée sur son propre réseau pour mettre en œuvre un changement de cap stratégique, qui a été facilité par l’allègement du processus d’autorisation des produits médicaux. «La demande était importante, ce qui nous a permis de mettre plus facilement sur le marché des tests fiables», résume le CEO. ender diagnostics a déjà lancé deux tests COVID-19: «ender LAB» et «ender MASS». Quant au test de dépistage mobile «ender MOBILE», il peut être réalisé n’importe où.

 

Le modèle commercial de l’entreprise est encore voué à évoluer. La société ne souhaite pas uniquement étendre sa gamme de produits en collaboration avec des laboratoires partenaires, elle veut aussi augmenter les capacités de laboratoire en Suisse et dans le monde entier. «À mon avis, il existe encore de nombreux champs d’application à conquérir», déclare Tim Pfister avec optimisme.

La start-up tire pleinement profit du changement de cap

Dans l’ensemble, le changement de cap stratégique a porté ses fruits étant donné que la création de la société ender diagnostics rejaillit positivement sur LiVET. «Les connaissances acquises nous aideront aussi à l’avenir lors du développement de tests rapides pour le diagnostic vétérinaire chez LiVET», explique Tim Pfister. Par ailleurs, ender diagnostics ayant connu une croissance assez rapide, les processus d’administration, de commande et de suivi de la clientèle ont dû être améliorés. LiVET pourra donc vraisemblablement sauter certaines étapes de développement.

 

En dépit de cette situation gagnant-gagnant, Tim Pfister considère qu’il existe encore un potentiel d’amélioration. «Si c’était à refaire, j’investirais encore plus rapidement plus de ressources dans le changement de cap», conclut le CEO. Tim Pfister recommande par conséquent aux entreprises qui souhaitent elles aussi se réorienter d’opter pour une mise en œuvre rapide et systématique du plan établi.

3 questions, 3 réponses avec Marc Steiner

Marc Steiner, conseiller à la clientèle entreprises au Credit Suisse, accompagne la start-up bernoise LiVET depuis sa création en 2019.

21/09/2022

Monsieur Steiner, comment se passe la relation d’affaires avec LiVET?

L’univers des start-up est un monde à part. C’est un vrai plaisir de pouvoir suivre une entreprise comme LiVET dans cet environnement. Du fait des nouvelles technologies et des innovations portant sur les produits, ces entreprises doivent en permanence relever des défis passionnants. La relation d’affaires avec LiVET consiste essentiellement à conseiller et à suivre cette start-up dans les domaines de l’augmentation de capital et de la recherche d’investisseurs. Nous nous efforçons toujours de trouver les solutions correspondant le mieux possible à l’agilité et à la spontanéité de l’entreprise.

 

La pandémie de COVID-19 a contraint de nombreuses PME suisses à se tourner vers de nouveaux modèles commerciaux. Que conseillez-vous à une entreprise qui souhaite se réorienter?

De miser sur l’inventivité pour découvrir de nouveaux débouchés. Et si le marché est propice à un changement de cap, de faire preuve d’agilité et de flexibilité pour s’y faire une place. Les entreprises de petite taille telles que LiVET sont souvent avantagées sur ce point. En tant que banque, nous vérifions également à chaque fois que le changement de cap souhaité par l’entreprise est judicieux. Je prodigue toujours des conseils à nos clients qui se lancent dans des changements ou des projets stratégiques, car j’accorde une grande importance au dialogue stratégique.

 

Le financement représente un défi de taille pour une start-up qui envisage de se réorienter. Quelles possibilités s’offrent à une petite entreprise qui a besoin de financer un changement de cap?

Le financement classique n’est pas adapté au modèle des start-up. Toutefois, le Credit Suisse s’engage activement dans l’environnement des start-up, par exemple par le biais du TOP 100 Swiss Startup Award, ainsi qu’au travers d’autres réservoirs d’investisseurs et d’autres réseaux. Notre objectif est d’aider les start-up à trouver des investisseurs, notamment en mettant à leur disposition un réseau qui leur permettra aussi de créer des synergies avec d’autres entreprises. À ce jour, ce mode opérationnel nous a permis de garantir la plupart des phases de financement de ces start-up – que ce soit par l’intermédiaire de sociétés de capital-risque ou d’investisseurs individuels.

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