Ein Gespräch über Erbschaft und Altersvorsorge mit Désirée von Michaelis, Leiterin Wealth Planning Credit Suisse
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«Les femmes prennent plutôt l’initiative dans les questions liées à succession, les hommes en ce qui concerne la prévoyance vieillesse.»

Les questions relatives à la succession et à la prévoyance vieillesse font l’objet du travail quotidien de Désirée von Michaelis, des thèmes que nombre de personnes préfèrent éviter. Dans une interview, elle explique pourquoi il est avantageux de se pencher sur ces questions le plus tôt possible.

Dans votre travail, vous traitez entre autres des thèmes liés à la prévoyance vieillesse et à la succession. Quand les gens commencent-ils à se préoccuper de la vieillesse et de leur propre finitude?

Il y a les «moments clés», c’est-à-dire les événements décisifs de la vie comme un mariage, la naissance d’un enfant, l’achat d’une maison, mais aussi par exemple un divorce ou le décès d’une personne du même âge. Ce sont toujours des moments de changement, durant lesquels on commence à réfléchir à la façon dont on souhaite organiser son avenir et prévoir pour sa famille.

Quel moment serait à vos yeux idéal pour aborder le thème de la prévoyance vieillesse?

Dans le cas des questions de retraite, nous recommandons au client de se demander au plus tard à 50 ans comment il souhaite organiser sa retraite, ce qui lui tient à cœur et si l’argent suffit pour cela. Néanmoins, je dois moi-même relativiser cette réponse: on devrait commencer à effectuer des versements dans le pilier 3a dès que l’on a un travail régulier. Si l’on ne commence à verser régulièrement dans le pilier 3a qu’à partir de 50 ans, on laisse non seulement passer la chance de se constituer un précieux matelas financier, mais on manque aussi l’occasion de payer moins d’impôts. C’est dommage pour chaque année où l’on passe à côté de ces opportunités. Il est de plus en plus important de constituer une épargne privée non liée en plus du 3e pilier afin d’avoir une retraite confortable, comme l’a démontré notre étude actuelle sur les caisses de pension – nous devons tous nous attendre à une baisse des rentes.

Et à partir de quand devrais-je m’occuper de la protection de mes proches?

Le moment opportun pour les questions de succession varie largement en fonction de la situation individuelle. Un moment typique est l’achat d’un logement en propriété. Par exemple afin que les pouvoirs de décision soient clairement définis en cas de décès de l’un des parents d’enfants mineurs. Nous recommandons à nos clients d’examiner tous les cinq à dix ans si le règlement de leur succession est toujours adapté à leur situation personnelle. En cas de changements importants des conditions de vie, il est conseillé de faire ce contrôle sans tarder.

Désirée von Michaelis (45 ans) est responsable Wealth Planning auprès du Credit Suisse. Elle travaille depuis 18 ans dans le domaine financier. Elle-même s’est penchée sur son propre règlement successoral pour la première fois il y a quelques années, lorsqu’elle a acheté une maison avec son mari.

La planification de la succession est-elle plutôt réservée aux personnes fortunées? Ou existe-t-il de bonnes raisons de m’en occuper même lorsque je ne possède pas grand-chose?

La fortune n’a pas besoin d’être importante, c’est plutôt la complexité, la divisibilité qui est déterminante. La valeur d’une petite maison ou d’une entreprise entraîne vite des disputes. Dès que plusieurs héritiers sont impliqués, il est judicieux de prendre des dispositions. En outre, nous observons que de plus en plus de personnes souhaitent désigner comme bénéficiaire quelqu’un qui n’est pas prévu par la succession légale. Il peut s’agir d’un concubin ou d’une concubine. Nombreux sont ceux également qui souhaitent donner du sens et léguer leur héritage ou une partie de celui-ci à une organisation d’utilité publique.

Le legs devrait bientôt devenir plus flexible si le Conseil fédéral révise le droit successoral…

Oui, concernant les modifications légales à venir, il s’agira précisément d’adapter le droit successoral aux nouvelles réalités de la vie. Les situations familiales telles que les familles recomposées ou les concubinages, qui sont aujourd’hui très répandues, ne sont pas suffisamment prises en compte dans le droit successoral actuel. Une testatrice ou un testateur doit obtenir une plus grande liberté d’action afin de pouvoir léguer quelque chose à une personne qui lui est chère ou à une organisation.

Supposons que quelqu’un décide de prévoir pour soi-même et pour ses proches et de régler sa succession. Par quoi commencer?

Tout d’abord, nous recommandons de régler les compétences en cas d’incapacité de discernement ou de décès de sa propre personne, et ce, en établissant un mandat pour cause d’inaptitude et des directives anticipées du patient. Avec le mandat pour cause d’inaptitude, je définis qui en cas d’incapacité de discernement prend les décisions concernant mes soins et mon hébergement ou placement et me représente dans tous les autres domaines, par exemple en matière de gestion de fortune. Dans les directives anticipées du patient, j’indique les traitements médicaux que j’accepte et ceux que je refuse. L’exemple de Michael Schumacher montre que de tels sujets ne sont pas liés à l’âge. Tout le monde peut être concerné. Lorsqu’il existe des enfants mineurs, des directives anticipées en matière d’autorité parentale sont également judicieuses. Il y est précisé qui doit représenter les parents au cas où ceux-ci ne peuvent plus s’occuper de leurs enfants.

Si j’ai établi des directives anticipées du patient et un mandat pour cause d’inaptitude, comment dois-je poursuivre en ce qui concerne les dispositions de droit successoral?

La situation personnelle peut évoluer en permanence. C’est pourquoi il est recommandé d’y réfléchir régulièrement au bout de quelques années: Quel est mon patrimoine? Qui aimerais-je prendre en compte? Qui a besoin d’une protection? Et qu’est-ce qui est important pour moi? Si j’en arrive à la conclusion que les dispositions légales ne suffisent pas, je rédige un testament. Sur notre site Internet, vous trouverez tout ce qu’il faut savoir à ce sujet, notamment un guide expliquant comment rédiger un testament.

Toutefois, la thématique est très complexe. On peut vite se sentir dépassé.

Parfois, les situations sont vraiment complexes. Notamment lorsqu’il est question d’un avancement d’hoirie et de donations ou de partage d’immeubles. Le Credit Suisse dispose d’une équipe de 30 experts en succession qui sont répartis sur huit sites en Suisse et qui accompagnent les clients dans la planification et la mise en œuvre. Le mieux est de s’adresser à son conseiller ou sa conseillère clientèle.

On entend souvent dire que les femmes s’intéressent moins que les hommes aux thèmes de la prévoyance et de la succession. Cela coïncide-t-il avec votre expérience?

En partie seulement. Lorsqu’il s’agit de questions de succession, ce sont plutôt les femmes qui prennent l’initiative et qui souhaitent s’organiser, par exemple en rédigeant un mandat pour cause d’inaptitude et des directives anticipées du patient. Les hommes ont en général plus de mal avec ces thèmes émotionnels. En revanche, ce sont plutôt eux qui donnent le ton en matière de prévoyance vieillesse. Notamment les femmes mariées cèdent volontiers ces thèmes à leurs époux. Souvent, elles ne se rendent pas vraiment compte des conséquences d’une pause familiale ou d’un travail à temps partiel sur la prévoyance vieillesse. Récemment, nous avons constaté dans le cadre d’une étude que beaucoup de femmes n’exploitent pas le potentiel du 3e pilier même si elles en ont les possibilités financières.

Comment peut-on changer cela?

En parlant sans cesse de ces thèmes. C’est sans doute une bonne chose que la révision de l’AVS et de la LPP fasse actuellement l’objet de nombreuses discussions. De manière générale, le thème «femmes et banque» reste encore trop marginal. J’aimerais encourager les femmes à se pencher sur les finances et la prévoyance vieillesse. Au début, ces sujets peuvent paraître un peu ennuyeux, mais une fois que l’on se rend compte à quel point ils influencent la qualité de vie future, cela devient d’un coup passionnant.

Pour terminer: pouvez-vous nous donner un conseil sur la bonne manière de s’atteler à ces tâches complexes?

Je peux uniquement vous dire ce qui fonctionne pour moi: j’écris les choses qui me demandent des efforts dans mon agenda. Parallèlement à cela, je parle de mon projet à mon entourage. Cela augmente la pression sur moi-même et a en même temps l’avantage que certaines de ces personnes qui me sont chères s’y intéressent également. Ce qui est positif, c’est qu’une fois que l’on a terminé, on est soulagé et à juste titre un peu fier, et on peut envisager l’avenir avec sérénité.

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