bitcoin-farinet-et-monnaiesparalleles
Articles

Bitcoin, farinet et opportunité douteuse offerte par les monnaies parallèles

Le bitcoin peut-il vraiment remplacer d'autres monnaies? Ce moyen de paiement alternatif suit une évolution en flèche, mais les investisseurs devraient se montrer prudents.

Souvent, les investisseurs demandent si le bitcoin peut constituer une véritable alternative aux monnaies traditionnelles. Cette question n’a rien de nouveau, mais l’effervescence mondiale à son sujet l’est. Sa récente hausse donne le vertige.

bitcoin-evolutionduprix-2013-2017

Hausse fulgurante du bitcoin: bulle ou révolution monétaire?

Source: Bloomberg, Credit Suisse

De l'IOU au farinet: le bitcoin n'est pas la première monnaie alternative

Il y a toujours eu des monnaies parallèles. Aujourd’hui également, on en compte un grand nombre, notamment l’«IOU», qui permet de payer en Grèce ou de rémunérer les fonctionnaires en Californie, ou encore le «farinet», récemment introduit dans les milieux touristiques en Valais.

Joseph Samuel Farinet, un contrebandier et faux-monnayeur du XIXe siècle, était une sorte de Robin des Bois selon la légende. Les paysans commerçants du Bas-Valais avaient davantage confiance dans ses fausses pièces de 20 centimes que dans le papier-monnaie de la banque cantonale, laquelle traversait une mauvaise passe à la suite de spéculations hasardeuses. Aujourd’hui comme hier, le farinet valaisan devrait néanmoins rester un phénomène marginal, le mythe transfiguré d’un monde plus juste.

Le bitcoin a bien des avantages sur le farinet, mais pourrait pourtant échouer

En revanche, le bitcoin est une monnaie parallèle internationale. À la différence des devises traditionnelles, elle n’est pas émise par une banque centrale souveraine mais par l’ensemble des membres de son réseau. Elle n’existe que sous forme numérique.

«Blockchain», sa base technologique, est solide et constitue peut-être même un «étalon-or numérique». Toutefois, les controverses qui entourent cette monnaie sur le plan de la légalité et de la légitimité signeront probablement son échec. En tant que moyen d’échange utilisé pour la fuite de capitaux et l’écoulement d’argent sale, elle fait figure d’anachronisme sortant tout droit du XXe siècle. Elle est donc une cible de choix pour les sanctions politiques.

Comme le bitcoin n’est pas émis par une banque centrale, ses adeptes sont peu nombreux. En raison de son manque de transparence, il ne permettrait pas de sauver le système financier lors d’une crise comme celle de 2008. C’est pourquoi il n’est guère probable qu’il puisse devenir une monnaie de placement mondiale. En outre, il sape un aspect essentiel de la souveraineté étatique: à savoir le droit monopolistique de définir la monnaie nationale. En résumé, le bitcoin n’est pas une super tendance mais une «tendance au beau temps», ce qui est insuffisant pour un succès durable.