pourquoi-le-marché-haussier-peut-encore-durer
Articles

Pourquoi les bourses présentent encore un potentiel haussier

En 2018, de nombreux investisseurs ont déchanté, rien ne semblant être aussi facile qu’en 2017. Néanmoins, alors qu’ils ont déjà adopté une attitude pessimiste, nous préférons nager à contre-courant. Découvrez les six raisons pour lesquelles la tendance haussière des actions pourrait se pro longer encore un certain temps.

1. Le lièvre et la tortue: c’est le plus lent qui atteint le but en premier

Certains investisseurs s’attendent à ce que les valorisations augmentent chaque trimestre. Mais une gestion de fortune performante fonctionne différemment. Il est possible de convertir les risques de placement en rendement grâce à la diversification et à la patience.

En voici un exemple: depuis le début de l’année, le SMI a déjà dévissé de 5% alors que les obligations suisses ont perdu 0,5%. Par conséquent, un portefeuille comprenant une part égale de ces deux classes d’actifs devrait avoir chuté de 2,75% depuis le début de l’année. Or nos portefeuilles de titres pondérés, tenus en francs suisses, ont dégagé un résultat positif. Pourquoi? Grâce au secret d’apparence insignifiante de la diversification. L’investisseur patient et diversifié (la «tortue») a mieux performé que le «lièvre» une fois de plus.

2. Économie mondiale sous-estimée

Ne sous-estimez pas le pouvoir économique de six milliards de consommateurs et d’un milliard d’entreprises qui luttent au quotidien pour améliorer leur avenir. Ce pouvoir est plus fort que certains remous géopolitiques. Le récent ralentissement de l’indice des directeurs d’achats n’est pas le précurseur d’une récession mais l’expression d’une économie mondiale en bonne santé, dans laquelle les stocks sont gérés de manière à préserver le capital autant que possible.

S’agissant de l’économie suisse et mondiale, nous nous attendons à une légère accélération au second semestre. Cette évolution transparaîtra dans la pentification des courbes de taux et dans l’élévation des cours des matières premières.

Il est probable que le «scénario du pic pétrolier» (peak oil) ne se réalisera pas.

Burkhard Varnholt, CIO Credit Suisse (Suisse) SA

3. Lorsque les ressources en pétrole se feront rares

Une question que j’entends souvent en rapport avec l’énergie: «Quand le pétrole facilement extractible sera-t-il épuisé?» Ma réponse: toujours lentement. Il est probable que ce «scénario du pic pétrolier» (peak oil) ne se réalisera pas. L’ère des combustibles fossiles prendra fin lorsque d’autres sources combleront notre soif d’énergie. C’est la première raison pour laquelle, en termes de placements, nous préférons les actions aux futures dans ce domaine. La deuxième est la suivante: la probable pénurie de pétrole en provenance d’Iran, du Venezuela et peut-être aussi d’Irak pourrait être une bénédiction économique pour les détenteurs d’actions du secteur de l’énergie.

4. L’augmentation de la volatilité des taux est positive pour les actions

Ce n’est pas l’inflation mais une augmentation des taux réels qui stimule la hausse des rendements obligataires actuellement. Cette distinction revêt de l’importance. En effet, dans huit cas sur dix, une telle progression précède de trois à six mois une hausse boursière car, premièrement, l’élévation des taux réels réduit l’attrait relatif des emprunts. Deuxièmement, à la différence des perspectives d’accélération de l’inflation, elle signale une croissance économique saine.

400

Aux États-Unis, des milliards USD de dividendes sont attendus en 2018.

5. Rachats d’actions et dividendes à des niveaux record

Selon la Réserve fédérale, les entreprises américaines disposent de près de trois mille milliards de dollars de liquidités à l’étranger, dont une grande partie devrait être rapatriée bientôt (suite à la réforme fiscale opérée aux États-Unis) et réinjectée en bourse par le biais de rachats d’actions ou de versements de dividendes. D’après les rapports de gestion actuels, il semblerait que 2018 sera une année record avec plus de 600 milliards de dollars de rachats d’actions et plus de 400 milliards de dollars de dividendes. Et si l’on songe que ce montant fabuleux équivalant à mille milliards de francs suisses sera presque entièrement investi par les entreprises dans leurs propres actions, on comprend pourquoi les investisseurs ne devraient pas parier contre de telles vagues d’achats.

6. Les bénéfices surpassent les valorisations

D’aucuns s’étonnent que les rapports cours-bénéfices (ratio P/E) soient aujourd’hui inférieurs à leurs niveaux du début de l’année. La raison en est pourtant simple. Aux États-Unis par exemple, les bénéfices des entreprises du S&P 500 ont augmenté de 25% à 1200 milliards de dollars au premier trimestre, alors que l’indice lui-même ne s’est élevé que de 2%.

En Suisse, la plupart des bénéfices ont également progressé sur la même période, mais le SMI se situe toujours 5% en dessous de son niveau du début de l’année. Du fait de cet écart entre les cours et les bénéfices, les primes de risque des actions sont devenues nettement plus attractives.

Surestimation des risques géopolitiques

D’où vient alors ce changement d’atmosphère sur les marchés boursiers? En dehors de l’évolution des taux d’intérêt et d’une normalisation de la conjoncture, c’est principalement la géopolitique qui préoccupe de nombreux investisseurs: une guerre commerciale, la spirale de l’endettement ou la sortie de l’Italie de la zone euro ne sont que quelques-uns des facteurs d’inquiétude.

Néanmoins, même si chacun de ces risques constitue un véritable «cygne noir» avec des conséquences mondiales négatives, il est facile de surestimer leur probabilité de concrétisation, notamment parce que la peur fait augmenter les tirages de la presse. Jusqu’à ce que ces risques disparaissent, la diversification et la patience restent des moyens qui ont fait leurs preuves, même s’il faut gérer de telles incertitudes.