«L’avenir numérique a déjà commencé.»

Depuis octobre 2018, Gerald Kremer est Chief Digital Officer et responsable de la transition numérique chez Global Real Estate de Credit Suisse Asset Management. Au cours de cet entretien, il nous parle des nombreuses possibilités prometteuses, créées par le numérique pour le secteur immobilier en général et pour Global Real Estate en particulier.

Monsieur Kremer, vous avez intégré Global Real Estate début octobre. Quelles tâches englobe votre nouvelle fonction?

En qualité de Chief Digital Officer, je suis responsable du développement de la stratégie numérique de Global Real Estate. Dans le cadre de cette activité, j’entends faire avancer les projets de numérisation existants et en initier de nouveaux, en tenant compte de l’ensemble de l’architecture numérique et de nos objectifs stratégiques. Qui plus est, en tant que responsable du hub de l’innovation, j’ai en charge la gestion de l’innovation et la coopération stratégique avec des entreprises Proptech.

Vous venez d’évoquer les Proptechs, dont le nombre explose. Pouvez-vous nous expliquer brièvement ce que sont ces entreprises?

Proptech est un mot-valise constitué de propriété et de technologie. S’il s’agit souvent de start-up, de grandes entreprises sont aussi actives dans ce secteur. Elles proposent des services ou des produits numériques utiles à différents domaines de la chaîne de création de valeur dans l’immobilier. Par exemple des solutions logicielles ou matérielles permettant d’optimiser des processus ou d’introduire des systèmes d’information et de communication intelligents. Il faut savoir que dans beaucoup d’endroits, on continue à travailler avec des modèles d’affaires basés plateforme.

La numérisation n’est pas un thème purement informatique. Cette évolution doit être considérée globalement et présente de nombreuses dimensions.

Quels avantages offrent les coopérations avec des Proptechs?

Ces partenariats promettent d’une part des optimisations de nos processus centraux ou de support, par exemple par la numérisation de processus jusqu’alors analogiques ou marqués par des ruptures de médias, et, d’autre part, des innovations, c’est-à-dire des pistes de solutions voire des modèles d’affaires innovants. Cela créera une plusvalue pour tous les participants – c’est-à-dire tout autant pour Global Real Estate que pour les investisseurs et les locataires – et cela préparera Global Real Estate aux changements engendrés par la transition numérique dans le secteur de l’immobilier.

De façon générale, l’émergence de nouvelles idées est capitale. Des études montrent que les organisations ayant une grande puissance d’innovation ainsi que des processus efficaces, flexibles et pilotés par des données rencontrent beaucoup plus de succès sur les marchés que leurs concurrents. Mais les nouvelles idées ne doivent pas nécessairement venir de prestataires externes. Au sein de Global Real Estate, il y a de fantastiques approches qui misent sur le numérique.

On parle partout de numérisation, dans l’immobilier aussi. Pourquoi?

Si l’on établit une comparaison avec d’autres secteurs, l’immobilier est la lanterne rouge en ce qui concerne le passage au numérique. Néanmoins, nombre d’experts sont d’avis que notre secteur a de très grandes chances de profiter de la transition numérique et donc de rattraper son retard. Pour preuve, le grand nombre d’acteurs et d’entreprises impliqués dans des processus et le manque de plateformes numériques intersectorielles.

Visiblement, les entreprises du secteur immobilier s’intéressent de plus en plus à la numérisation – et c’est bien ainsi. Car au vu de la disparition croissante des barrières à l’entrée sur le marché engendrées par les technologies numériques, il est capital que nous prenions les choses à bras le corps pour que Global Real Estate soit paré pour l’avenir.

Au début de notre entretien, vous avez évoqué le développement de notre stratégie numérique. Quelle est la place de cette tâche dans votre travail?

C’est une priorité absolue. Car pour pouvoir se consacrer à des projets spécifiques, il faut une stratégie globale qui suive un plan constitué de modules clairement articulés. Selon moi, il est capital que la numérisation ne soit pas un thème purement informatique. Cette évolution doit être considérée globalement et présente de nombreuses dimensions, qui englobent mentalité et culture de conduite, capacité d’innovation et formes agiles de coopération, ainsi qu’une orientation clients marquée. Il convient d’abandonner toute pensée rigide, pour les processus internes et dans la coopération interdisciplinaire et interentreprise. Un facteur essentiel du succès: le soutien du management. Étant donné que celui de Credit Suisse Asset Management supporte activement la stratégie de numérisation et qu’il lui assigne les ressources et les options d’action nécessaires, les efforts numériques contribuent durablement à la création de valeur évoquée précédemment pour les parties prenantes.

Des études montrent que les organisations ayant une grande puissance d’innovation ainsi que des processus efficaces, flexibles et pilotés par des données rencontrent beaucoup plus de succès sur les marchés que leurs concurrents.

Quelles initiatives peuvent participer à une telle stratégie de numérisation?

Il faut commencer par créer une base pour la numérisation, ce qui implique en particulier une plateforme système et base de données intégrée et sans rupture de médias, qui englobe tous les éléments pertinents de la chaîne de création de valeur  du secteur immobilier et qui puisse prendre en compte avec souplesse les exigences de demain. Il est aussi capital de disposer d’un modèle de données d’entreprise robuste permettant de gérer et d’utiliser des données et documents de manière consciente et structurée.

Sur cette base, les possibilités offertes par les nouvelles technologies numériques sont réellement très diverses. Et le secteur immobilier comporte des possibilités uniques de liaison du monde des bâtiments physiques avec son jumeau numérique. Permettez-moi de vous donner deux exemples. Tout d’abord l’intelligence artificielle. Elle intervient d’ores et déjà ici et là, par exemple pour la gestion des données et des contrats. Mais le potentiel de la technologie est bien plus grand et je suis convaincu qu’elle sera très bientôt utilisée pour l’analyse de portefeuilles complets. Car l’intelligence artificielle peut aider à gérer plus efficacement des processus et à ordonner de grandes quantités de données pour prendre des décisions à faible risque basées sur des données.

Un autre exemple: l’Internet des objets. À l’aide de systèmes et de capteurs reliés à Internet, il est possible de déclencher des messages automatiques et les chaînes de processus qui s’ensuivent à propos d’éventuels dommages à des installations de technique du bâtiment – en temps réel et sans qu’il faille contrôler l’immeuble sur place. À cet effet, le bâtiment doit naturellement être équipé des capteurs adéquats et le paysage système doit supporter de telles chaînes de processus. En particulier, toutes les parties prenantes doivent être formées en conséquence. Il est donc capital d’intégrer dès le départ ce genre de réflexions dans le développement de nouveaux projets immobiliers, mais aussi dans l’architecture numérique de Global Real Estate.

Quelles opportunités ces approches créent-elles pour Global Real Estate?

Nous l’avons déjà évoqué, le secteur immobilier est à la traîne en matière de numérisation par rapport à d’autres secteurs. Avec la situation initiale que j’ai trouvée, Global Real Estate de Credit Suisse Asset Management a les meilleures chances
de jouer un rôle de pionnier en la matière. Pour ce faire, nous devons agir et commencer par analyser la situation réelle. Les résultats de cette analyse constitueront la base du développement de notre stratégie numérique et des modules de projets concrets qui la constituent.

Une tâche passionnante, non?

Absolument. Je me réjouis donc de m’engager dans cette voie avec les collègues et j’espère contribuer à valoriser encore davantage le remarquable portefeuille de produits de Global Real Estate.

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