Quel rôle jouent les capteurs pour la santé numérique?
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Quel rôle jouent les capteurs pour la santé numérique?

Depuis deux ans, la politique mondiale semble se caractériser par un éloignement croissant des nations. À l’ère de la connectivité, où la théorie des six degrés de séparation1 semble plus vraie que jamais, il s’agit d’un important changement d’orientation. En dépit de ce scénario multipolaire, il convient de relever plusieurs défis communs à l’échelle mondiale.

Défis mondiaux et santé numérique

Parmi les plus importants figurent l’augmentation incessante des coûts liés à la santé et le vieillissement démographique. Les simples données/projections suivantes donnent une idée de la portée de ces deux tendances: selon les Nations Unies2, le ratio de dépendance économique3 devrait tomber à 3,5 en 2050 (contre 7,0 en 2015), ce qui correspond non seulement à une augmentation de la population de personnes âgées, mais aussi à une forte réduction du personnel soignant. Aujourd’hui déjà, les États membres de l’UE consacrent à eux seuls quatre milliards d’euros quotidiennement aux soins de santé.4

Les deux défis sont étroitement liés, car le vieillissement démographique va amplifier le problème du coût de la santé. Par conséquent, d’importantes innovations seront nécessaires pour maintenir la qualité élevée du système de santé et garantir des soins financièrement abordables. Dans le présent numéro de Thematic Insights, nous étudions comment la santé numérique pourrait induire une disruption positive. Et nous montrons en particulier que les capteurs joueront un rôle primordial, susceptible de causer un changement de paradigme dans le système de santé actuel.

Le temps qu’un Américain moyen passe sur son téléphone en une seule journée correspond au temps qu’il passe chez son médecin en quatre ans.

Emmanuel Fombu, MD, MBA5

Changement de paradigme – rôle clé des capteurs

Pour nous faire une idée de la feuille de route, commençons par définir notre objectif. Dans l’idéal, un système de santé efficace devrait fournir un service de grande qualité, être accessible et peu onéreux, se concentrer sur les patients, et ne pas se contenter de fournir des traitements mais chercher également à prévenir les maladies. Au vu de ces critères et de la structure des systèmes de santé actuels, il est évident qu’un tel idéal ne peut pas être atteint. Néanmoins, une évolution radicale de nos postulats, c’est-à-dire un changement de paradigme, serait susceptible de résoudre le casse-tête. Et c’est la compression du temps offerte pas les capteurs de santé qui pourrait causer cette disruption fondamentale.

Aux États-Unis, les habitants se rendent chez le docteur quatre fois par an6 en moyenne, soit un total annuel de 1,3 milliard de visites. À la base, une consultation chez le médecin est simplement un échange bilatéral d’informations: à un moment précis, le praticien observe un ensemble de paramètres, sur la base desquels il vous donne des conseils. Suivant les circonstances, il arrive que de nouvelles consultations soient nécessaires pour le suivi du traitement.

À présent, supposons que les paramètres évalués par votre médecin puissent être surveillés à une fréquence beaucoup plus élevée par des capteurs portables auxquels votre praticien peut accéder à distance. Cette solution présenterait plusieurs avantages: premièrement, les deux parties disposeraient d’un ensemble de données plus étoffé comme base de conseil; deuxièmement, comme les informations seraient aisément accessibles, il serait possible d’éviter les déplacements physiques (dans certains cas); troisièmement, votre médecin serait en mesure de suivre à distance l’évolution de votre réaction au traitement. En d’autres termes, l’utilisation des capteurs peut changer la donne en matière de santé.

Évolution des capteurs

Comme pour le système de santé idéal, commençons par établir une feuille de route pour les capteurs. Selon Marschollek et al7,

«le système idéal de capteurs des paramètres de santé devrait être mis en place à un moment donné, prendre des mesures en continu puis transmettre toutes les informations via une connexion sans fil. Il n’entraverait ni n’affecterait son utilisateur en aucune façon et il n’exigerait aucune maintenance».

Il s’agit d’un objectif ambitieux, mais l’écart entre les technologies actuelles et cette solution ne cesse de se resserrer.

Graphique 1: Adapté à partir de «Wearable Sensors in Healthcare and Sensor-Enhanced Health Information Systems: All of our Tomorrows?», Marschollek M. et al., 2012

Le graphique 1 donne un aperçu simplifié du domaine des capteurs. Il faut se rappeler qu’à leur origine, les technologies de capteurs portables se concentraient principalement sur les maladies cardiovasculaires tout simplement parce que les moyens permettant d’enregistrer les signaux électriques existaient depuis les années 19608. Aujourd’hui, les capteurs s’adaptent à divers champs thérapeutiques, et leurs applications potentielles tirent grandement profit de l’essor de l’Internet des objets (IdO). Comme dans tout autre domaine en rapport avec ce dernier, le défi consistera à extraire des informations valables à partir d’un important volume de données disponibles. À cet égard, le projet «IT Future of Medicine»9 soumet des propositions intéressantes, par exemple la possibilité de créer un jumeau numérique, qui contient des informations fondées sur l’analyse de l’«-omique» d’un individu (génomique, protéomique, métabolomique), des techniques d’imagerie et des données émanant de capteurs de différentes formes. Le profil de ce jumeau numérique devrait être mis à jour par des capteurs sur une base continue ou à intervalles réguliers, et reposer principalement sur la modélisation de la biologie de chacun pour pouvoir établir les meilleures prévisions possibles à partir d’un ensemble de données complexes. Même si tout cela fait miroiter un système de santé préventive particulièrement attrayant, il reste du chemin à parcourir.

Applications

Les applications possibles des systèmes de capteurs couvrent un large spectre. En fonction du type de dispositif, elles peuvent s’étendre d’une utilisation médicale traditionnelle, telle que le contrôle constant du taux de sucre dans le sang (biocapteurs), jusqu’aux systèmes de gestion des fluides en chirurgie (capteurs de pression) en passant par l’électrochirurgie (capteurs de débit). Il existe aussi des applications en dehors du domaine purement médical. Citons à titre d’exemple les capteurs portables destinés à mesurer les niveaux d’oxygène dans les muscles afin d’améliorer la performance de ceux-ci.

Actuellement, la plupart des capteurs largement adoptés dans le cadre de la santé numérique sont essentiellement considérés comme des produits ou des accessoires de «confort». Parmi les exemples les plus connus figurent FitBit® avec ses 25 millions d’utilisateurs10 recensés à la fin de 2017 et Microsoft Kinect, qui est utilisé pour la rééducation physiothérapeutique des victimes d’accidents cérébro-vasculaires11.

Selon Marschollek et al12, les applications des capteurs devraient se concentrer sur les troubles neuropsychiatriques, car un rapport13 du Forum économique mondial laisse penser que les maladies mentales coûteront un jour plus cher que les maladies cardiovasculaires.

Problèmes et risques

Les principaux problèmes ou risques émanent de trois grands domaines: la sécurité des données, la réglementation et le développement technique.

Sur le plan de la sécurité, on rencontre les mêmes problèmes qu’avec l’Internet des objets, mais ils sont amplifiés par deux facteurs: premièrement, les données de santé sont sensibles par nature (c.-à-d. confidentielles); deuxièmement, l’utilisation de systèmes d’exploitation mobiles pour collecter et transmettre des informations est exposée à l’exfiltration des données et aux logiciels malveillants. Le secteur des capteurs de santé devra donc s’appuyer sur le savoir-faire de la cybersécurité pour gérer la question de la protection des données.

S’agissant de la réglementation, la prise en charge de ces appareils par les systèmes de remboursement et l’ensemble de la réglementation concernant la conservation et l’utilisation des données seront déterminants pour l’adoption massive des capteurs.

Enfin, les progrès techniques peuvent améliorer considérablement la valeur de ces dispositifs. Par exemple, les avancées technologiques dans le domaine de l’énergie sont susceptibles d’augmenter sensiblement l’autonomie énergétique des capteurs, réduisant ainsi le travail de maintenance et améliorant l’expérience des utilisateurs.

Fiche du fonds
Credit Suisse (Lux) Global Digital Health Equity Fund

Source: Credit Suisse, 6 février 2019

Direction du fonds Credit Suisse Fund Management S.A.
Gestionnaire de portefeuille Credit Suisse Asset Management (Suisse) SA, Zurich
Thomas Amrein; Christian Schmid
Gestionnaire de portefeuille depuis 14 décembre 2017
Domicile du fonds Luxembourg
Monnaie du fonds USD, EUR, CHF
Date de lancement 14 décembre 2017
Commission de gestion p.a. Pour les classes de parts A, B, BH et CB: 1,60%; pour les classes de parts EB et EBH: 0,90%
Pour les classes de parts IB et IBH: 0,90%; pour les classes de parts UB et UBH: 1,00%
Frais totaux sur encours (estimation) Classes de parts A, B et BH 1,90%; classes de parts EB, EBH, IB et IBH 1,20%; classes de parts UB et UBH 1,30%
Droits d’entrée maximaux 5% pour toutes les classes de parts, à l’exception de IB, IBH, EB et EBH (max. 3%)
Single Swinging Pricing (SSP)* Oui
Indice de référence MSCI World (NR)
Classes de parts Classes B, CB, IB, UB, EB en USD; classes BH, IBH et UBH en EUR; classes BH et UBH en CHF
ISIN Classe B en USD: LU1683285164  Classe UB en USD***: LU1683288424
  Classe IB en USD: LU1683285750 Classe UBH en EUR***: LU1683288770
  Classe IBH en EUR: LU1683285834 Classe EB en USD**: LU1683287707
  Classe BH en EUR: LU1683285321 Classe BH en CHF: LU1683285248
  Classe UBH en CHF***: LU1683288697 Classe EBH en EUR**: LU1683287889
  Classe EBH en CHF**: LU1796813662 Classe A en EUR: LU1877633989
  Veuillez noter que les classes de parts ne sont peut-être pas toutes disponibles dans votre pays.

Le SSP est une méthode de calcul de la valeur nette d’inventaire (VNI) d’un fonds, qui vise à éviter aux investisseurs existants de supporter les coûts de transactions indirects provoqués par les investisseurs entrants et sortants. La VNI est ajustée à la hausse en cas d’entrées nettes et à la baisse en cas de sorties nettes au jour d’évaluation considéré. L’ajustement de la VNI peut être sujet à un seuil de flux net. Pour plus d’informations, veuillez consulter le prospectus de vente.

** Réservé aux clients institutionnels.

*** En Italie: réservé aux investisseurs institutionnels.

Conclusion

Comme nous l’avons montré tout au long de ce numéro de Thematic Insights, les capteurs sont un élément crucial du succès de la santé numérique. Leur technologie a fortement progressé depuis le début des années 1960, et la révolution de l’Internet des objets est l’élément déterminant qui pourrait permettre la transformation des systèmes de santé. Nous avons déjà atteint un stade où nous pouvons concevoir un avenir dans lequel les biocapteurs implantables pour l’analyse de la glycémie associés à une pompe à insuline pourront doser la libération de cette hormone de façon entièrement autonome.

Les principaux moteurs de la réforme des systèmes de santé, c’est-à-dire le coût de ceux-ci et le vieillissement démographique, sont des tendances mondiales à long terme qui généreront d’importantes opportunités de placement. Nous considérons donc une exposition au thème de la santé numérique comme une composante essentielle d’un portefeuille.

Veuillez noter que nous avons modifié le cycle de publication de nos Thematic Insights. À l’avenir, ils paraîtront une fois par mois et traiteront un thème différent à chaque fois. Nous vous souhaitons une agréable lecture!

Risques du fonds
Credit Suisse (Lux) Global Digital Health Equity Fund

  • Pas de protection du capital: les investisseurs peuvent perdre tout ou partie de leur placement dans ce produit.
  • Les développements politiques concernant le secteur des soins de santé pourraient avoir une incidence fortement négative sur le secteur de la santé numérique.
  • L’exposition aux petites et moyennes capitalisations peut renforcer la volatilité à court terme et entraîner un risque de liquidité.
  • Comme le fonds se concentre sur les sociétés très innovantes, la volatilité peut être importante.
  • Les marchés des actions peuvent être volatils, en particulier à court terme.

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