L'écologie est un choix sain. Également pour les obligations en portefeuille.
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L'écologie est un choix sain. Également pour les obligations en portefeuille.

Les obligations vertes permettent aux investisseurs de combiner leurs intérêts financiers avec leur désir de contribuer directement à la protection environnementale et climatique. Le marché des obligations vertes constitue un segment en plein essor et à fort potentiel. L’existence d’un consensus sur les définitions utilisées et d’un long historique de performance permet de garantir la clarté. Les investisseurs y ont accès par le biais de processus de placement professionnels, de critères de sélection classiques ainsi que d’exigences liées à la durabilité.

Les effets du changement climatique sont de plus en plus évidents. En 2016, le record de la température mondiale a été battu, et ce pour la troisième année consécutive, et 2017 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée sans épisode El Niño. Dans ce contexte, la plupart des experts en climatologie ne considèrent pas la fréquence et l’intensification des ouragans aux États-Unis comme des événements climatiques aléatoires mais plutôt comme la conséquence non équivoque du changement climatique, ce qu’atteste clairement la hausse de la température des océans. Le réchauffement climatique est devenu l’un des plus grands défis qu’ait à relever l’humanité aujourd’hui et il entraînera probablement des dommages et des coûts sans précédent et difficiles à estimer.

Par conséquent, de nombreux investisseurs ressentent le besoin d’associer leurs intérêts financiers, c’est-à-dire générer des rendements intéressants sur le marché des capitaux, à leur volonté de contribuer directement à la protection environnementale et climatique. Des obligations vertes clairement définies et bénéficiant d’un long historique de performance leur permettent de répondre à ce besoin.

En quoi les obligations vertes se distinguent-elles?

La différence entre les obligations vertes et les obligations «normales» réside dans l’utilisation prévue du produit par l’émetteur. Les fonds réunis lors de l’émission d’obligations classiques peuvent être utilisés afin de financer n’importe quel type de projet commercial. En revanche, le produit de l’émission d’obligations vertes doit impérativement être affecté au financement de projets ayant des répercussions positives sur l’environnement et le climat. Ainsi, par exemple, le produit de la vente d’obligations vertes peut être utilisé pour financer la construction d’une centrale photovoltaïque ou le développement des transports publics.

Outre leur objectif particulier, les obligations vertes fonctionnent de la même manière que les obligations classiques. La responsabilité de l’émetteur est identique, qu’il s’agisse d’obligations vertes ou d’autres obligations. Les obligations vertes n’ont pas de statut de risque par défaut spécial. En conséquence, leurs rendements sont à peu près équivalents à ceux d’obligations classiques libellées dans la même monnaie et avec la même maturité. De plus, la notation des obligations vertes se situe généralement au même niveau que la notation de l’émetteur. Les risques correspondent donc à ceux d’une obligation classique.

Comment les obligations vertes sont-elles définies?

Afin d’être classée comme obligation verte, une obligation doit remplir les critères suivants qui reposent sur les Principes applicables aux obligations vertes («Green Bond Principles»):

  • Les fonds levés lors de l’émission obligataire doivent être utilisés pour financer ou refinancer des projets «verts» (utilisation des fonds).
    • L’émetteur doit fournir une description détaillée de son mode de sélection des projets ainsi qu’une définition de l’objet et de la portée des projets en question (processus d’évaluation et de sélection des projets).
    • Le produit de l’émission obligataire verte doit faire l’objet d’une gestion séparée et cette gestion séparée doit être contrôlée par un auditeur indépendant (gestion des fonds).
  • Les émetteurs sont tenus de fournir un niveau de transparence minimal, de rendre compte, au moins une fois par an, de l’avancement de leurs projets et de soumettre des rapports réguliers concernant l’utilisation des fonds (reporting).

Les Principes applicables aux obligations vertes sont des lignes directrices d’application volontaire définies par l’ICMA («International Capital Markets Association»). Définis pour la première fois en 2014, les Principes applicables aux obligations vertes font l’objet d’une révision et d’une mise à jour annuelles. Il convient par ailleurs de noter que des auditeurs indépendants sont souvent engagés afin de contrôler l’utilisation des fonds. Les émetteurs sont libres de se conformer à cette obligation, mais lorsqu’ils s’y conforment, cela renforce leur transparence. En vertu de ces dispositions, les obligations vertes ne peuvent être désignées comme telles que si les fonds levés sont utilisés pour financer des projets relevant d’une des dix catégories suivantes: énergies renouvelables, efficacité énergétique, gestion durable des déchets, agriculture durable, préservation de la biodiversité, moyens de transport propres, gestion durable de l’eau, adaptation au changement climatique, produits de la gestion du recyclage  et bâtiments écologiques.

Quelle est la taille de l’univers de placement des obligations vertes?

Bien qu’il soit encore relativement nouveau, le segment de placement des obligations vertes connaît une forte croissance. En mai 2007, la Banque européenne d’investissement (BEI) émettait «l’obligation climatiquement responsable», la première obligation destinée à la protection du climat à être émise dans le monde, laquelle a été remboursée avec succès en 2012. Depuis cette date, ce segment du marché affiche une croissance très soutenue. Pour la plupart, les premiers émetteurs étaient des organisations supranationales mais depuis quelques années, ces dernières sont remplacées par des sociétés comme Iberdrola SA ou TenneT Holding BV qui, toutes, émettent des obligations vertes. À l’heure actuelle, plus de 390 émetteurs ont des obligations vertes en circulation, avec un volume de marché d’environ 350 mrd USD à l’échelle mondiale (à la fin juin 2018).

Émissions annuelles d’obligations vertes par secteur

Émissions annuelles d’obligations vertes par secteur

(en mrd USD)

Sources: Credit Suisse, Bloomberg, MSCI ESG, fin juin 2018

Sur le court et moyen terme, l’activité d’émission sur le marché des obligations vertes devrait rester très soutenue. Après l’émission par la Pologne de la première obligation verte souveraine en décembre 2016, la France a suivi avec une émission de 7 mrd EUR en janvier 2017 dont le montant a ensuite été relevé à plus de 14,7 mrd EUR. À la suite de l’accord de Paris sur le climat (conclu lors de la COP 21), on s’attend à ce que, dans un avenir proche, d’autres pays suivent l’exemple de la Pologne et de la France, et maintenant de la Belgique. De manière plus générale, ce segment de placement est appelé à connaître une croissance rapide au cours des prochaines années en raison du besoin considérable d’investissement dans des mesures de lutte contre le changement climatique. Cet essor est également dû au fait que les obligations vertes se sont imposées comme une source fiable de financement. En 2016, la Bourse de Luxembourg, c’est-à-dire une place boursière clé, a créé un segment séparé réservé aux obligations vertes.

Du point de vue de leur performance, les obligations vertes ne sont plus à la traîne du marché. Bien au contraire. Depuis l’introduction en décembre 2013 de l’indice de référence, l’indice Bloomberg Barclays MSCI Global Green Bond, les obligations vertes ont enregistré une surperformance de 2,37% par rapport à l’indice Bloomberg Barclays Global Aggregate.

Comparaison des performances

Comparaison des performances

Comparaison de la performance de l’indice Bloomberg Barclays MSCI Global Green Bond et de celle de l’ensemble du marché depuis le lancement de l’indice (ajusté de la duration)

Source: Bloomberg, fin juin 2018

Comment les obligations vertes sont-elles sélectionnées individuellement?

Les stratégies réussies concernant les obligations vertes comportent à la fois des critères de sélection classiques et des exigences de durabilité. Les sociétés menant des activités commerciales controversées sont exclues de cet univers de placement. Ce type d’activités englobe les activités suspectes habituelles comme la fabrication d’armes et les «mauvais secteurs» (alcool, tabac, jeu et pornographie). L’univers de placement restant est examiné au niveau de l’émetteur à l’aide de divers critères ESG afin d’identifier les entreprises les plus durables. Dernier point et non le moindre: les obligations vertes individuelles et/ou la qualité des projets qu’elles soutiennent doivent être examinées. Cet examen vise à éviter que ne soient financés des projets environnementaux «faibles», dont le seul objet est de conférer aux émetteurs une image écologique responsable (écoblanchiment).

Les obligations vertes présentent, pour les investisseurs privés comme pour les investisseurs institutionnels, une excellente opportunité de combiner leurs intérêts financiers avec leur volonté de contribuer directement à la protection environnementale et climatique. Ce segment en plein essor leur permet d’investir dans des obligations vertes dans une mesure de plus en plus importante.

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